Tournai Ouest III a été présenté en juillet 2001 dans le cadre de 34 avant-projets de Zones d’Activités Economiques (ZAE) regroupés dans le cadre d’un Plan Prioritaire.

Tournai Ouest IV, soutenu par l’intercommunale IDETA, s’étendait sur une surface de 368 ha, en prolongement ouest des zonings existants Tournai Ouest I et II (260 ha),  s’arrêtant à la frontière française; derrière cette frontière, existait un projet français similaire de zone industrielle de 80 ha. Quelle folie des grandeurs ! Quelle folie, tout court !

La zone industrielle française a rapidement évolué … et abrite aujourd’hui depuis 2014 le centre d’entraînement du club de football de Lille (Domaine de Luchin à Camphin-en-Pévèle).

Tournai Ouest IV a été réduit à 180 ha, par IDETA elle-même, en septembre 2001, donc 2 mois après la première annonce.

L’étude d’incidences a débouché sur un rapport en 2003 prônant un avant-projet de 104 ha.

Fin 2003, le Collège échevinal de Tournai a considéré que la surface de ce zoning devait être réduite à 55 ha. Il faut rappeler que tous les avis des différentes entités, commissions, organisations ou comités ne sont que consultatives.

La Région wallonne a, en 2004, arrêté un changement de plan de secteur définissant un périmètre de réservation pour un accès routier au futur zoning et ajouté un petit triangle (en dessous du ce périmètre) portant la surface de Tournai Ouest III à 114 ha. Cet acte a été attaqué auprès du Conseil d’état.

En 2007, la Région wallonne a ordonné les expropriations des terres encore agricoles du zoning Tournai Ouest III, sans attendre l’avis du Conseil d’état. En 2010, le Conseil d’état a validé le Plan de secteur mais a invalidé les expropriations.

En d’autres termes, IDETA a le droit de mettre en oeuvre Tournai Ouest III, mais n’étant pas légitimement propriétaire des parcelles, ne peut le faire. C’est un véritable imbroglio juridique.

De 2011 à 2017, aucune évolution notable de Tournai Ouest III, malgré de nombreuses tentatives d’IDETA de contourner les obstacles, aussitôt contrecarrées par des procédures en justice. Citons :

  • dossier éoliennes : 8 éoliennes accordées en 2014 (4 en ZAE, 4 en zone agricole), attaquées auprès du Conseil d’état, érigées en 2017.
  • dossier rond-point : aménagement basé à la jonction de la N7 (Chaussée de Lille) et de l’autoroute A8 (Mons-Lille), justifié par des considérations pseudo-sécuritaires et  surtout … par le projet d’IDETA d’un nouvel accès au zoning.
  • dossier accès routier au zoning : accès au milieu des champs, donc en dehors du périmètre de réservation, justifié par des considérations karstiques qui fragiliseraient le sud de la zone … alors que l’autoroute est installée en plein milieu de cette zone « fragilisée » depuis des dizaines d’années; la vraie raison est plutôt de contourner l’obstacle des expropriations illégales de 2007. Ce dossier fait l’objet de plusieurs recours.
  • dossier expropriations : des décisions de justice donnent raison à l’APIC, aussitôt attaquées en appel par IDETA; d’autres donnent tort à l’APIC qui décide alors de recours.

Fin 2017, des négociations entre IDETA et l’APIC débouchent sur une convention de pacification permettant à IDETA de réaliser dès 2018 la mise en oeuvre de Tournai Ouest III puis de la nouvelle route d’accès ; en compensation l’APIC obtient :

  • la garantie d’abandon de Tournai Ouest IV et le maintien de Tournai Ouest III au périmètre actuel (pas de future extension)
  • une meilleure indemnisation des propriétaires expropriés
  • la prise en compte par IDETA (et le cas échéant, par Tournai) des préoccupations environnementales des villages de l’ouest tournaisien
  • le suivi de Tournai Ouest par un Comité d’accompagnement (IDETA, Tournai, l’APIC, Comité pour un zoning propre).

L’APIC aurait préféré que Tournai Ouest III ne voit jamais le jour, mais …

Tournai Ouest III sera bientôt une réalité limitée à 104 ha … et l’APIC veillera à un bonne intégration environnementale.